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 [RP] Théorie.. Les Armures

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Spagnolo
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MessageSujet: [RP] Théorie.. Les Armures   Mer 25 Oct 2017 - 21:33

Armures

L'homme d'arme comprit très vite que se défendre lors du combat était au moins aussi important que de porter un coup à l'ennemi. Aussi, parallèlement au développement d'armes offensives, se développèrent des armes défensives dont le bouclier est sans doute la première. Ensuite, il apparut logique de protéger la partie la plus vulnérable (la tête) puis d'étendre cette protection aux autres parties du corps.
Le terme armure apparaît en réalité au XVe siècle pour designer l'ensemble des protections de fer ou d'acier portées à la guerre ou pour les joutes. Avant cela, on parlait de harnois ou d'adoubement. L'armure est ici employée pour designer l'habillement militaire en général.


Antiquité

Des vêtements rembourrés et sans doute des armures de cuir furent les premières protections du corps du soldat. L'étape suivante fut d'ajouter des petites pièces de métal cousues sur le vêtement.. Des armures faites d'écailles de bronze furent ainsi utilisées en Mésopotamie et dans l'Egypte ancienne mais étaient probablement réservées à une élite.
Les grecs et les romains portaient des cuirasses de bronze ainsi que des protections pour le bas des jambes et parfois les avant-bras. Bien que le fer soit connu, le bronze était couramment utilisé car il permettait de fabriquer facilement des cuirasses d'une seule pièce. C'est pour cela que les premières protections en fer se composaient de plusieurs lames articulées (cuirasses romaines). Le développement de l'armure s'arrête pratiquement avec la chute de l'empire romain. Les tribus barbares ne portaient généralement qu'un bouclier et un casque comme protection.


Haut Moyen Age (VIIIe, XIe siècle)

L'armure fait sa réapparition à l'époque Carolingienne reprenant à quelques modifications près, l'équipement de la fin de l'empire romain. Ainsi, la plupart de armures sont faites de pièces de métal (fer ou bronze) cousues sur une étoffe épaisse parfois renforcée de cuir. Ces pièces peuvent avoir différentes formes: écailles, rectangulaires ou anneaux. Ces derniers composent ce que l'on appelle la broigne. Elle fut utilisée par les carolingiens (dès le VIIIe siècle) et les normands (XIe siècle) et continua à être portée parallèlement à la cotte de maille. La broigne descendait au dessous du genou et se revêtait par dessus une tunique légère.

XIIe et XIIIe siècle

Ce n'est sans doute que vers le milieu du XIIe siècle que la cotte de maille fut largement adoptée. Composée de mailles de fer entrelacées, véritable tissu de métal, elle est aussi appelée haubert. Le haubert se portait sur un vêtement rembourré, le gambison. Un capuchon de mailles et des gants de peaux complétaient parfois l'équipement. Certains hauberts descendaient presque jusqu'à la cheville ( Figure 1).
Durant le XIIIe siècle, des gantelets et des chausses de mailles complétèrent la cotte de mailles et une tunique d'étoffe (surcot) se portait par dessus (Figure 2). Le haubert résistait assez bien aux flèches, coups de lance et d'épée mais était beaucoup plus vulnérable aux armes de choc (masse, marteau, fléau). Des pièces de fer furent peu à peu ajoutées dès la fin du XIIIe siècle.


XIVe et XVe siècle

Des protections de fer supplémentaires furent donc fabriquées afin de mieux protéger les différentes parties du corps: bras, torse, coudes, genoux, jambes, pieds. Les hommes d'armes ne les portaient pas forcement toutes et le début du XIVe siècle marque une période de transition entre la cotte de maille et l'armure de plates complètes (Figure 3). Au début du XVe siècle, l'armure de fer est définitivement adoptée par les chevaliers (Figure 4). Cette équipement est souvent nommé "harnois blanc" à cause du fer poli et brillant dont il est fait. Les fabriques d'armures les plus renommées étaient italiennes (Milan) ou allemandes (Nuremberg). Des armures magnifiques continuèrent à être utilisées au XVIe siècle mais plus par tradition que par réelle nécessité, l'introduction des armes à feu dans les combat les rendant dépassées.


De gauche à droite:
Figure 1: XIIe siècle. Haubert de mailles long, casque conique à nasal.
Figure 2: XIIIe siècle. Cotte de mailles complétée de chausses et de gantelets, surcot, heaume cylindrique.
Figure 3: XIVe siècle. Gambison et haubert, surcot, cubitières, genouillères et grèves.
Figure 4: XVe siècle. Armure de plates complète, gorgerette de mailles et bassinet.


Armure de plates:








Le Heaume




Le terme heaume n'apparaît qu'au XIIe siècle pour designer une armure de tête. Toutefois, le casque était utilisé depuis l'antiquité. Les Grecs portaient déjà un casque rappelant par sa forme le heaume du Moyen Age. Le casque romain enveloppait exactement le crâne et possédait deux jugulaires mais laissait le visage découvert. Il était parfois surmonté d'un cimier. Les améliorations successives du casque consistèrent à couvrir de plus en plus le visage rendant difficile l'identification de son propriétaire. On pense que c'est cela qui a donné naissance à l'Héraldique, science des blasons. On peut voir, sur la tapisserie de Bayeux, Guillaume de Normandie obligé de relever son casque pour montrer à ses hommes qu'il est toujours en vie. Vers le Xe siècle, on utilisait le casque conique à protection nasale (1) dont l'origine est certainement normande. Il fut encore utilisé en certains endroits jusqu'au début du XIIIe siècle.
A partir du XIIIe siècle, le besoin de mieux protéger le visage amena la création du heaume cylindrique enveloppant la tête entière avec des fentes pour les yeux (2). Ils avaient le dessus aplati ce qui était une régression car ils étaient plus vulnérables aux coups portés sur le dessus de la tête. Ces heaumes étaient lourds et rendaient la respiration difficile ce qui explique qu'ils étaient uniquement portés pendant le combat. L'amélioration des techniques de travail du fer permit de revenir à une forme conique sur le dessus du heaume tout en gardant la protection totale du visage (milieu du XIIe). Le bassinet, qui apparut vers le début du XIVe siècle améliora considérablement le confort du chevalier. Il était moins lourd que le heaume du XIIe et équipé d'une visière pouvant être relevée ce qui facilitait la respiration. Sa forme était étudiée pour dévier les coups de lance mais également pour mieux résister aux coups de tailles portés par par les épées et masses d'armes. Vers la fin du XIVe siècle, en plus du bassinet, un nouveau heaume apparaît: le heaume à "tête de crapaud" (4). Ses surfaces fuyantes permettaient de dévier les coups et il fut très utilisé dans les tournois et joutes. Le heaume disparaît complètement à la fin du XVe siècle remplacé par l'armet et la salade. l'armet (image du haut), plus léger que le heaume et le bassinet, pouvait être porté sans fatigue pendant longtemps. La salade (5) était une sorte de chapeau de fer allongé à l'arrière du cou, possédant ou non une visière mais sans protection au niveau du menton. Sa forme fait parfois penser aux casques allemands de la première guerre mondiale sans qu'on sache si ces derniers s'en sont inspirés.



De gauche a droite:
1 - Casque conique avec protection nasale (XIe siècle)
2 - Heaume cylindrique a dessus plat (XIIe siècle)
3 - Heaume a bassinet (XIIe siècle))
4 - Heaume a "tête de crapaud" (XIVe siècle)
5 - Saladière (XVe siècle)


Le Bouclier


C'est la plus basique et ancienne arme de défense utilisée par les guerriers. Instinctivement, les hommes utilisèrent des planches de bois pour se protéger des premières armes offensives (hâches,...). Ensuite, les attaches furent ajoutées, ce qui permettaient de mieux tenir le bouclier et d'avoir une main libre pour tenir la hâche. Une sangle était parfois utilisée pour porter le bouclier sur le dos lors des déplacements et probablement pour libérer la seconde main lors du maniement d'armes lourdes. Les premiers boucliers étaient ronds et ne protégeaient qu'une partie du corps. Ceci était efficace pour les combats au corps a corps mais l'était moins contre les armes de jets qui pouvaient atteindre les parties non protégées. Les Romains le comprirent et leurs boucliers à bords droits leur permettaient de former des "tortues" pour avancer tout en étant à l'abri des tirs de projectiles. Les boucliers gaulois étaient en osier et peaux renforcés de métal dont l'attache saillante s'appelait l'Umbo. Cette attache était parfois si saillante qu'elle fut quelquefois confondue avec un casque.



Bouclier rond carolingien
avec l'Umbo en son centre.


Durant le haut Moyen Age, les Francs et les Vikings utilisèrent plutôt des boucliers ronds. Ils étaient souvent recouverts de cuir pour améliorer la rigidité. Le bouclier du Moyen Age est connu sous le nom d'Ecu qui vient du romain Scutum et désignait un bouclier long. Ce sont les Normands qui répandirent l'utilisation du bouclier long à partir du XIe siècle. Il était toujours arrondi sur le dessus mais allongé afin de protéger la jambe. Il possédait toujours l'Umbo, avait une bordure métallique et mesurait environ 1m30 de haut.



Bouclier normand
du XIe siècle

L'amélioration des armures et l'utilisation du cheval dans les combats amenèrent à utiliser des boucliers plus petits. L'Umbo ne fut plus utilisé et le dessus arrondi disparu également (peut-être pour améliorer le champ de vision) et cette forme en V du bouclier est le plus souvent utilisée pour représenter les blasons. En effet, à partir du XIIIe siècle, l'écu porte régulièrement les armoiries de son propriétaire ce qui permet de l'identifier. Au XIVe siècle, une nouvelle forme de bouclier apparut : le bouclier de tournoi. Il était plutôt petit et possédait une encoche sur le dessus pour supporter la lance. Ce siècle vit également l'apparition du Pavois, grand bouclier ovale ou quadrangulaire utilisé par les fantassins et les arbalétriers. Il se plantait dans le sol et permettait de protéger les arbalétriers spécialement exposés pendant le rechargement de leurs armes.

Arbalétrier se protégeant derrièrre son pavois.
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